Club de pêche à la mouche
Cette mauvaise réputation est-elle fondée?
L'ortie, ou plutot les orties, qui s'étendent en massifs (ou orticées) plus ou moins vastes sur les bords de
nos rivières, assurent malgré une désafection générale du public, le gite et le couvert pour nombre d'insectes et de bestioles
Qui ne connait pas
l'ortie? On apprend vite à nos dépends, à reconnaitre l'ortie et surtout à s'en méfier. Tous un jour avons été "piqués" par cette plante d'apparence singulière, et pourtant. La brulure
qu'elle provoque lors de tout contact avec la peau de nos mains ou de nos mollets est à l'origine de son nom.
En effet, le mot "Ortie" vient du latin "uere"qui signifie bruler et qui à donné "Urtica dioica". L'espèce présente sur nos berges est donc nommée Ortie dioique ou encore Ortie vivace.
Description

Cette plante d'un vert sombre en partie couverte de poils urticans peut atteindre 1.5m de hauteur. Une tige forte, verticale, non ramifiée, à laquelle sont rattachées de grandes feuilles ovales
dentées pointues opposées présentant une légère forme de coeur à leur base, nous permettent d'identifier l'ortie.
Ses fleurs minuscules, en grappe, situées à la base des feuilles et accolées à la tige prennent une teint verdatre chez les pieds femelles et plutot jaunatre chez les males. Les pieds d'orties
sont donc unisexués d'ou son qualificatif dioique*.
Grace à ses rhizomes* et à ses stolons*, l'ortie colonise les espaces incultes et ensoleillés, ou le sol est frais et riche en éléments nutritifs. Les gerges des rivières sont
donc particulièrement propices à son développement.
Diodique : plants unisexués
Rhizomes : tige souterraine, généralement horizontale
Stolons : tige qui s'étale à la surface du sol donnat naissance à de nouvelles plantes
Attention aux confusions

Très souvent d'autre espèces végétales sont également nommées "orties" du fait de leur ressemblance avec "Urtica dioica". On parle alors de l'ortie blanche "Lamium album", de l'ortie jaune
"Lamium galeobdolon", et de l'ortie pourpre "Lamium purpureum", qui en réalité n'appartiennent pas à la famille de la grande ortie.
Ce sont des Lamiacées et non des Urticacées, qui de distinguent des vrais orties par leur tige à section carée, leurs fleurs colorées, et l'abscence de poils urticans.
Espaces de vie
Les massifs d'orties ou "orticées" sont de véritables foyers de vie pour la faune. Mollusques, insectes, arachnides, oiseaux, batraciens, reptiles et mammifères sont autant de groupes
faunistiques qui profitent de la présence de l'ortie.

Pour exemple, nombre de papillons sont directement dépendants d'"urtica dioica", puisque en tant que plante hote, elle leur est indispensable. C'est le cas du vulcain (Vanessa atlanta), de la
petite-tortue (Aglais urticae), du paon-du-jour (Inachis io), de la carte géographique (Araschna levana), et du Robert-le-diable (Polygonia c-, album), dont les chenilles se nourissent
exclusivement d'orties.
Ces memes chenilles et insectes sont une source de nourriture pour une variété importante d'oiseaux insectivores (mésanges, rouge-gorge,accenteur). Certains profitent meme des vieilles
tiges d'orties pour y accrocher leur nid, c'est le cas des rousserolles.
La coccinelle aussi (Coccinelle septempunctata)
fréquente particulièrementles massifs d'orties, car ils regorgent de pucerons très appréciés par les larves de notre "bete à bon dieu".
Les escargots et les mammifères consomment également le feuillage.
Alors? Pas si singulière cette soit-disant "mauvaise herbe". loin d'etre dénués d'interet pour la faune, les massifs d'orties sont un maillon essentiel au coeur des différents écosystèmes
qui caractérisent les berges de nos rivères. Comme on vient de le voir, l'ortie est la plant hote d'un nombre certain d'insectes pollinisateurs, les papillons notamment, dont on ne cesse
d'affirmer aujoud'hui l'importance et malheureusement le déclin. Elle est également la base de chaines alimentaires longues et diversifiées. les pucerons qui se nourrissent de la sève des
orties sont eux-meme consommés par les larves des coccinelles qui à leur tour sont consommées par des insectivores, et ainsi de suite...
Garante d'une diversité animale et patrimoniale certaine, sachons regarder l'ortie différemment.
Aïe ça pique et ça démange !
Tout effleurement de la partie supérieure des feuilles d'orties par notre peau provoque la cassure de dizaines de poils urticans.
En réalité ce sont des petites cellules coniques à la pointe silicieuse qui une fois brisées pénètrent sous l'épiderme et libèrent sous pression une substance urticante (formiate de sodium,
sérotonine, histamine et acétylcholine).
Pour remédier à cette démangeaison, il faut appliquer de la salive à l'endroit de la piqûre.
Cet article est extrait du journal d'informations du SIARV sur l'eau et l'environnement n°57